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Médias

Télévisions panarabes : l’illusion d’une "démocratie cathodique"

La puissance médiatique saoudienne sert le royaume, pas la dissidence.

Alliance d’argent privé et de pouvoir médiatique, les ancêtres d’Al-Jazeera sont les suppôts de l’establishment saoudien. MBC, ART et Orbit, trois télévisions panarabes du satellite, mutliplient les liens politico-économiques avec les gouvernements arabes plutôt que les reportages remue-merde et déstabilisants...

Le logo d’une chaîne arabe fleurit dans un coin de l’écran où CNN célèbre sa grand-messe informative. C’est la revanche, avec près de 30 ans de retard, du NOMIC, l’utopie des flux d’information Sud-Nord. C’est l’espoir d’un journalisme conjuguant talent local et savoir-faire médiatique occidental. C’est la promesse d’une émancipation politique de la région arabe sous les coups de boutoir de cette pléthore de "démocraties cathodiques"... Enfin c’est surtout une croyance qui arrange l’establishment politico-médiatique arabe et les think tanks conservateurs de Washington.

La réalité est toute autre. Peu après la guerre du Golfe de 1990 sont apparues les premières télévisions panarabes par satellite. MBC (Al-Arabiya) naît à Londres en 1991, suivie d’ART et Orbit lancés depuis l’Italie en 1993. Ces trois télévisions, pionniers et leader du marché de la TV par satellite panarabe, sont financées par des entrepreneurs saoudiens. Fonds privés et expatriation garantissant une gestion éditoriale en toute indépendance, libre-entreprise über alles. Mais tout comme BBC, France Télévisions et ARD ne sont pas des marionnettes gouvernementales, tout service public qu’elles sont, MBC, ART et Orbit ne sont pas les émules médiatiques de quelque dissidence saoudienne, tout privé qu’est le pétrodollar qui les alimente. Le trio saoudien inaugure, au contraire, une alliance, inédite dans la région, d’argent privé et de pouvoir médiatique. S’ouvre le rideau sur l’ère du "private money and media power" et son cheptel de liaisons politiques, économiques et familiales des plus étonnantes... et "dangereuses" ?

Famille, millefa, mafia ? A la seule exception de Saleh Kamel, PDG d’ART - qui n’a d’entrées dans le cénacle royal que par le biais de son associé le prince Al-Walid bin Talal, détenteur de 30% d’ART -, le patronat de la télévision par satellite panarabe saoudienne est composé de membres du clan qui gouverne l’Arabie Saoudite depuis 1932. La famille royale représente quelques 20 000 personnes. Le cercle des princes du clan Al-Saoud, descendants d’Ibn Saoud, est restreint à 6000 hommes. Avec un clan aussi étendu, il n’est pas si surprenant que la classe dirigeante et l’élite économique soit plus ou moins apparenté au roi. Fallait-il toutefois que les magnats de l’audiovisuel panarabe soient des parents si proches ? Un ou deux degrés, au plus, éloignent le prince Walid al-Ibrahim et son frère, à la tête de MBC, Fahd bin Khalid, président d’Orbit et Al-Walid bin Talal (ART) - respectivement beaux-frères, cousin et neveu - du roi Fahd.

Et voilà déjà que l’interventionnisme royal guette le badaud au détour d’une opération. En 1993, Saleh Kamel, co-fondateur de MBC est évincé du conseil d’administration de la chaîne à la faveur du frère de Walid al-Ibrahim, beau-frère du roi. Main royale encore quand la participation majoritaire saoudienne dans le satellite ARABSAT est employée en faveur de MBC quand, en février 1992, la chaîne saoudienne était en concurrence avec la chaîne égyptienne ESC pour obtenir le droit d’utiliser un transpondeur autorisant une meilleure réception du signal satellitaire... La télévision telle que l’ambitionnent les acteurs saoudiens - numérique, payante, riche en exclusivités - reste une opération synonyme de pertes financières. Comprendre : seuls ceux qui peuvent compter sur le soutien direct ou indirect d’un gouvernement peuvent réussir sur le marché de la télévision. Dans le cas de l’Arabie Saoudite, seul Etat au monde qui porte le nom de la famille qui la dirige, le lien familial est évidemment le meilleur sésame.

Les ministères dans la poche. Les liens économiques antérieurs au déploiement médiatique sont tout aussi indispensables que le soutien politico-familial. Les efforts d’implantation d’ART en Egypte ont ainsi été précédés des investissements importants, divers et à la fois public et privé du prince Al-Walid bin Talal. Il finance un projet d’irrigation au sud de l’Egypte, tient l’immobilier cairote et des complexes hôteliers. La récompense ne tarde pas : le ministère de la culture égyptien cède à Saleh Kamel un vaste catalogue de cinéma classique égyptien (6000 œuvres) et met une interdiction de vente sur les décodeurs permettant de capter l’offre Orbit. De même, les accords de rebroadcasting de MBC sur le réseau terrestre de Bahreïn ont été passés entre Ministères des Affaires Étrangères saoudien et bahreïni. En étant disponible sur le réseau terrestre de l’îlot, MBC devenait par là-même visible pour les Saoudiens vivant sur la frontière Est du royaume. Les intérêts de la chaîne convergent, ici aussi, avec ceux de l’Etat.

Le gouvernement reste l’interlocuteur incontournable, le législateur arbitraire et l’acteur principal de toute activité médiatique. L’importance des investissements permis par les fonds saoudiens fait des groupes, par ailleurs employeurs de taille, des interlocuteurs recherchés par les gouvernements. Mais les médias représentent un risque pour les intérêts économiques du conglomérat qui les possède : la diffusion de "sujets qui fâchent" sur une chaîne des télévisions saoudiennes peut mettre en péril la pérennité de la cordialité économique entre le groupe et un Etat. Ce qui explique que le bouquet ART s’abstient de diffuser toute information autre que sportive. Faudrait pas endommager relations avec les gouvernements des pays arabes où Saleh Kamel, via Dallah Al Baraka, détient de très nombreux intérêts.

"Démocratie offshore", l’argument vendeur. Et pourtant, les télévisions panarabes saoudiennes continuent à être perçues comme des messies médiatiques de la libéralisation politique panarabe. Envisagées comme des "démocraties offshore", les chaînes se voient d’emblée créditées d’"impunité" par des chroniqueurs qui se félicitent de cette ouverture opportune dans l’espace public arabe. Les chaînes ne sont pas les dernières à user de cette liberté présumée comme argument de vente. Il y a eu effectivement rupture d’un certain nombre de tabous : le dialogue avec Israël, l’homosexualité, la condition des femmes sont des sujets ouvertement débattus dans les magazines de société diffusés par les trois télévisions saoudiennes. Mais l’auto-censure pratiquée à l’égard de certains sujets ne peut être dissimulée par l’apparente liberté dont jouissent les chaînes exilées pour la majorité du contenu diffusé. De fait l’absence notable de journalisme d’investigation dans les programmes offerts sur les différentes chaînes de ART, Orbit et sur MBC témoigne de cette politique éditoriale consensuelle en matière d’information. C’est tellement plus pratique de traiter de questions sensibles au sein de talk shows plutôt que sous forme d’enquête journalistique.

Des débats passionnés et non argumentés, partager son ignorance sur un plateau, rien de tel pour maintenir les téléspectateurs à l’état de consommateurs, d’analphabètes politiques plutôt que d’en faire des citoyens.

Marie-Catherine Beuth


A lire : Tristan MATTELART (dir.), La mondialisation des médias contre la censure. Tiers Monde et audiovisuel sans frontières, INA/De Boeck, 2002

Antoine BASBOUS, L’Arabie Saoudite en question, Perrin, 2002


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