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Les enquêtes du badaud

Spécial Hong Kong

Cinéma : Hong Kong, capitale de “Cash” Marx

Les manifestations pro-démocrates se succèdent à Hong Kong. La Région d’Administration Spéciale se sent menacée par les appétits pékinois. Pourtant, dans le 7e Art, la censure politique se fait plus rare que l’économique.

Avec Pékin, on ne sait jamais.” Cet axiome prudent a gouverné l’industrie cinématographique hongkongaise depuis l’annonce du retour de Hong Kong à la Chine continentale, en 1984, à la rétrocession effective en 1997. La phrase proférée à l’envi, laissait entendre que Pékin ne respecterait sans doute pas ses engagements envers les libertés acquises par Hong Kong en 156 ans de gouvernance britannique. Mais avec Pékin on ne sait jamais et ceux qui pensaient savoir en ont été pour leurs frais.

Plus de cinq ans que l’île a rejoint le giron continental et on n’a point vu de chars investir Kowloon ni de Jackie Chan dêchu de sa nationalité. La politique du “un pays, deux systèmes” est encore aussi vraie pour la liberté de commerce que d’expression. A la veille du 1er juillet 1997, le troisième producteur mondial de cinéma faisait défiler les scénarios catastrophes, en voyant la censurocratie chinoise aux portes du Port Parfumé. On naviguait en plein drame en cinémascope figurant une cisaille pékinoise prête à taillader sans merci la pléthore glorieuse de films d’action, gores et/ou porno-softs (les fameux “Catégorie III”) sortant des studios hongkongais par centaines.

De facto, que dalle. Ou très peu. En rejoignant les bancs périphériques de la Chine communiste, Hong Kong n’a pas vu entamé sa liberté de production et d’expression filmique. Et le ralentissement manifeste de la production est davantage dû au crash économique asiatique de 1997 qu’au clash politico-filmique avec Pékin. Le “prends l’oseille et tire-toi” généralisé qui faisait écho au “avec Pékin on ne sait jamais” avait artificiellement gonflé les chiffres pré-rétrocession. Résultat, de la fin des années 80 au début des années 90, la production cinématographique de l’île a été prolifique... et inégale.

De 200 films par an en moyenne, la production tombe à 100 en 1997 puis une cinquantaine en 1998. La faute au piratage vidéo plus qu’à l’éxil de talents hongkongais comme John Woo et Chow Yun Fat. Seuls signes de censure effective de la part des autorités chinoises : de nombreux films hongkongais sont tournés sur le continent, où main d’oeuvre et coût de production sont peu chers, et les scénarios sont donc inévitablement inspectés par Beijing ; les distributeurs chinois qui se portent acquéreurs des droits de films hongkongais doivent obtenir, eux aussi, le visa de la censure chinoise. Bref, le minimum syndical pour un régime autocratique.

Le contrôle du marché Mais si les craintes ne se sont pas révélées justifiées, les attentes n’ont pas été remplies non plus. Le retour sous la coupe de Beijing n’a pas ouvert les portes du marché chinois et de son milliard de paire de mirettes au cinéma de Hong Kong. Un pays, deux systèmes ? Soyons jusqu’au-boutistes ! En terme de distribution de films, la dualité du marché prime sur l’unité nationale : les productions hongkongaises continuent à être considérées comme des films étrangers sur le continent. Et doivent donc concourir avec les superproductions américaines dans le quota de films étrangers (une vingtaine) fixé par Pékin.

La Région sous Administration Spéciale (RAS) espère que l’entrée de la Chine communiste dans le club libre-échangiste de l’OMC lui ouvrira le marché chinois, ou apportera au moins une extension du quota de films étrangers. Avec le risque de voir croître, sinon l’activité des maîtres censeurs chinois sur les productions hongkongaises, au moins l’emprise de l’allié le plus fidèle du régime : l’autocensure. A priori le cinéma de Hong Kong est motivé par le business bien plus que la politique.

Hong Kong poursuit son bonheur vert dollar, même sous la bannière rouge. Haro sur Mao, le port demeure capitale de “Cash” Marx. La descendance des Shaw Brothers respire le divertissement, non la dissidence, laissée aux cinéastes continentaux. Mais la loi de l’argent veut aussi que l’on refuse de froisser Pékin, de risquer de se fermer le marché chinois. Ainsi deux films américains traitant de près ou de loin de la question tibétaine, Kundun de Martin Scorcese et Sept ans au Tibet de Jean-Jacques Annaud, ont longtemps cherché un distributeur dans la RAS. Si Hong Kong était rongée par l’incertitude dans les treize années précédant le retour au bercail continental, Pékin savait déjà qu’elle pourrait compter sur le “patriotisme” de l’île, frétillante commerçante.

Auto-censure au nom du dollar. De 1984 à 1997, alors que tout le monde ne pensait qu’à ça, personne ne traitait la question de la rétrocession. Les autorités de censure hongkongaises s’inquiétaient bien plus du contenu politique des films que de leur débordements de violence et de sexe. Les bonnes habitudes ne se sont pas perdues. Avant 1997 comme après, on ménage la sensibilité des autorités chinoises. Les réalisateurs qui, comme Ann Hui, veulent faire un film sur le 4 juin 1989, rentré dans les livres d’histoire en tant que “Tiananmen”, se voient rappelé à l’ordre par des producteurs qui ferment le robinet à HK$. Toujours, en attendant de savoir le sort que Pékin réservera aux films hongkongais sur le territoire chinois.

D’un point de vue économique, cette autocensure est nécessaire. A part Jackie Chan et Stephen Chow (Shaolin Soccer), plus aucun talent local ne parvient à remplir les salles obscures de Tsim Sha Tsui à Admiralty. Seuls la vidéo (DVD, VCD) parvient encore à faire mettre la main au porte-feuille aux Hongkongais. (Certains soupçonnent Pékin d’avoir laissé se développer le piratage sur le continent afin de mettre l’économie du film hongkongais en difficulté et pouvoir ainsi mieux exercer pressions économiques... et politiques).

Le marché chinois représente donc le “futur”, comme le dit Charles Heung, magnat de la production cinématographique locale et accessoirement fils du fondateur de la triade Sun Yee On. Actuellement 70% des revenus du cinéma hongkongais proviennent du marché international et ceux qui veulent voir plus grand suivent le chant des sirènes hollywoodiennes. Le continent représenterait donc cet “espace” nécessaire au développement du cinéma hongkongais. Quitte à faire deux versions d’un même film : la première pour Hong Kong et l’international, la seconde apte au marché chinois selon le baromètre censeur.

Les triades, un sésame ? L’industrie cinématographique multiplie les voyages à Beijing pour institutionaliser le commerce cinématographique entre Hong Kong et la Chine. Côté privé, les connections personnelles (guanxi) priment toujours. Heung, tout comme son concurrent Golden Harvest, studio où officie Jackie Chan, a commencé son incursion sur le marché chinois par une joint-venture avec une société du continent pour la distribution vidéo et a construit un studio à dans la zone économique spéciale Shenzhen, à la frontière de Hong Kong. Si l’intéressé le nie fermément, d’aucuns suggèrent que Heung a pu accéder au marché chinois grâce aux relations politiques des triades.

Il y a bien des signes de liens entre le parti communiste et le crime organisé et les triades ont été d’importants producteurs de films dans la colonie britannique. En 1993 le monde du cinéma est descendu dans la rue pour manifester contre la violence causés par les triades dans le 7e Art. Ces liaisons dangereuses ont été une raison majeure pour laquelle le colonisateur britannique a toujours cherché à garder ses distances avec le monde du cinéma à Hong Kong.

Aussi ce dernier accueille-t-il avec plaisir les mesures gouvernementales inédites entreprises aujourd’hui pour tirer la production celluloïdale de la RAS du marasme. En janvier le gouvernement de Hong Kong validait la création du Film Guarantee Fund, qui, avec HK$50 millions (€5 millions), sera la première aide à la production locale. Une vingtaine de films devraient pouvoir profiter de cette aide. Aide gouvernementale encore que celle du Arts Development Council qui co-finance occasionnellement quelques films.

Mais c’est aussi l’intérêt de Pékin de se montrer plutôt exemplaire dans la gestion de ses territoires récupérés, Macao et Hong Kong. En attendant. Car si Taiwan venait à rejoindre le continent, la donne changera peut-être. Mais avec Pékin... sait-on jamais ?

Marie-Catherine Beuth


Pour compléter : "A Shenzhen dans le repaire des pirates"1, 2

Et, en salles, l’exceptionnel 2046, de Wong Kar Wai


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