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Faux logiciels et vrais flics : bienvenue dans l'étonnant "298" - Le badaud - La presse autrement !
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Les enquêtes du badaud

Spécial Hong Kong

Faux logiciels et vrais flics : bienvenue dans l’étonnant "298"

Visite guidée dans les Computer Center de Hong Kong où se vendent des logiciels pirates selon un rituel savamment orchestré. AVEC LES PHOTOS EXCLUSIVES D’UNE DESCENTE DE POLICE !

Le chiffre d’affaires de la contrefaçon représente 5 à 9% du commerce international. Un manque à gagner de 200 à 300 milliards d’euros dans le monde et la suppression de 100 000 emplois en Europe, 200 000 dans le monde. Ces chiffres, aussi impressionants soient-ils, ne peuvent pourtant rien contre les échoppes qui peuplent le Computer Center du 298 Hennessy Road, dans le quartier hongkongais de Wan Chai. Alignées, ostentatoires, tenues par des jeunes commerçants avenants et en rien patibulaires, et avec une offre défiant toute concurrence. En quantité et en prix. Jeux, logiciels, n’importe quelle galette pour l’ordinateur est vendue ici à 2 ou 3 euros.

Au vu et au su de tous, ou presque. L’entrée du centre commercial n’est en rien dissimulée, un petit escalator vous mène directement de la rue nez-à-nez avec les pirates informatiques. Leurs boutiques jouxtent celles de marchands d’ordinateurs en bonne et due forme, des revendeurs agréés par les constructeurs, des colporteurs de hardware tout à fait en règles - du moins au vu de ce qu’ils offrent en vitrine. En multipliant les visites sur le site, nous constatons que les distributeurs de logiciels copiés ne sont par contre ouverts qu’une heure par jour, entre 17h30 et 18h30. Pourquoi cette étroite fenêtre temporelle, nous allions le découvrir lors de notre dernière excursion au paradis des contrefacteurs.

Une machine bien huilée. Le commerce de logiciels informatiques piratés est une affaire qui marche, selon un rituel aussi rodé que précis. Le client s’attarde devant le mur de petites affichettes colorées qui figurent les pochettes des logiciels copiés. Un vendeur approche le chaland, muni d’une petite liasse de fiches en papier et d’un crayon. Note les références des logiciels que l’on souhaite acquérir. Le préposé à la commande vous file ensuite la petite fiche bourrée de caractères chinois, transforme le bon de commande en addition d’un trait horizontal et vous mène à la "caisse". Qui n’est rien d’autre qu’un quinquagénaire desséché adossé au coin d’une cloison de l’échoppe, l’oeil aux aguets, la banane à la taille. Il prend votre petit ticket, le troque contre un autre avec le numéro de votre commande et vous somme de revenir dans une trentaine de minutes.

Le badaud qui erre dans les couloirs du Computer Center est pléthorique. Ce sont en fait autant de consommateurs de copies pirates qui tuent le temps en errant dans les couloirs marchands de ce temple au fric rapide avant d’aller chercher leur illicite colis. On se laisse porter par le flot qui se traîne dans les galeries circulaires. Derrière la porte d’une issue de secours on voit trois jeunes se livrer à un trafic de logiciels copiés, planqués par petits lots plastifiés dans une grosse poubelle.

Il est enfin l’heure d’aller chercher la commande. Le petit bout de papier avec le numéro de commande passe de main en main à une allure folle. On le transmet au caissier qui le refile à une jeune fille en pull rose qui le glisse dans la pogne d’un autre bonhomme encore, qui enfin sort ses petits paquets d’un minable sac plastique gris. A la boutique d’à côté les commandes conditionnées sont simplement réunies dans un carton à chaussures sous une petite table près de l’entrée. Ailleurs on vous emmène à un recoin ou une cage d’escalier pour vous remettre votre commande. D’autres fois, c’est un véritable relais qui prend en charge le client. De la caisse, on vous éscorte à l’arrière d’un couloir, en bas d’un escalier. Quelques minutes plus tard un messager vous les fait monter. En haut, un autre pirate en civil vous fait traverser la rue et vous emmène à un immeuble décrépit. On vous pousse sur un escalier éclairé par un néon pâle et vous voilà sur un palier où s’étire une petite file indienne de jeunes chinois. Tous tenant leur petit papier numéroté, ils font le pied de grue devant un quadra trapu attablé à un petit comptoir de fortune. Devant lui les enveloppes noires contenant les CD copiés. Et le ballet se met en marche, un par un, les clients vont récupérer leur marchandise, vérifient rapidement le contenu et se hâtent vers la sortie.

Nous sommes au centre névralgique de l’internationale pirate. La Chine représente 70% de la contrefaçon mondiale et entre Hennessy Road et Sham Shui Po nous avons mis les pieds dans un de ses nids les plus actifs. Ce marché parallèle représente autour de 8% du PIB chinois et près de 5 millions d’emplois. Le perfectionnement du système de trafic que nous avons éprouvé à Hong Kong confirme ces ordres de grandeur.

La Chine est bel et bien l’empire du faux, de la façade, du look-a-like. Jusqu’à la répression de ces illicites activités. En témoigne la descente de police à laquelle nous avons assisté au "298".

Faux logiciels, vrais flics & répression factice. Nous arpentons nonchalamment les étages du centre commercial en attendant que s’écoulent les 25 minutes forfaitaires. A la descente d’un escalator nous voyons qu’une des boutiques de faux logiciels a baissé son rideau de fer. Un jour de congé peut-être pour lui aujourd’hui, pensons-nous. Quelques mètres plus loin, au milieu de milles mini-boutiques débordant d’activité, une autre échoppe nous mate d’un air borgne, le rideau tiré. On se précipite alors à l’étage inférieur où se trouve la boutique censée nous fournir les illégales galettes. Fermée. Tout comme ses deux voisines.

Les badauds ont coagulé devant l’une des devantures closes. L’attroupement contemple avec curiosité, mais sans émotion, deux hommes en train d’attaquer le rideau de fer au pied de biche. Cheveux en pétard, veste de treillis et écouteur de walkman vissé dans l’oreille, les deux jeunots sont des flics en civil. En train d’opérer ce qui relève du rituel quotidien aussi inefficace que nécessaire. Ils forcent les rideaux, saisissent les malheureux paquets de logiciels qui s’étaient amassés sous la caisse en attendant leur client, redescendent les stores d’un coup sec et renouvellent leur chorégraphie à la boutique d’à côté. En un quart d’heure ils ont fait le tour des échoppes. Et la foule se dissipe.

Les tenanciers ont disparu depuis belle lurette. Sans aucun doute alertés par un des guetteurs qui badaudent à l’entrée du mall, fourbis d’un téléphone portable, messianique outil de travail des dealers de tout acabit. Encore que. Ouverts tous les jours de 17h30 à 18h30, on est assez sûrs que la visite des forces de l’ordre est réglée comme un coucou suisse sur l’heure de fermeture des boutiquiers.

Le lendemain, les boutiques reprendront leurs affaires. Et la répression, aussi factice que les produits qu’elle est censée combattre, aussi.

Marie-Catherine Beuth


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