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A Shenzhen, dans le repaire des pirates - 1ère partie - Le badaud - La presse autrement !
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Les enquêtes du badaud

Spécial Hong Kong

A Shenzhen, dans le repaire des pirates - 1ère partie

Partis pour acheter des DVD copiés dans les arrières-boutiques d’un centre commercial de Shenzhen, on s’est retrouvés entraînés dans leur repaire par les pirates. Récit.

Une vraie image de badauds : nous sommes assis, penauds, sur deux tabourets en plastique bleu dans un couloir désert aux confins du centre commercial. L’instant d’avant encore, deux jeunes Chinois nous entouraient de leurs égards attentionnés alors que nous écumions un catalogue de pochettes de DVD. Un cri. Un coup de vent. Plus de Chinois. Plus de catalogue. Attrapé au vol par un gamin en fuite. Et deux badauds hébétés. Nous réalisons, bouche bée, ce qui a provoqué ce soudain exode. Une patrouille de policiers en uniforme gris-bleu passe nonchalemment devant nous. Notre première tentative d’acheter des DVD copiés a échouée.

Perchoir commercial. « Dividiii ? Dividimouviii ? » La ritournelle est débitée à 300 à l’heure le long du trajet escalatorial qui mène au premier niveau du Lo Wu Commercial City Mall, premier centre commercial passé le poste frontière en venant de Hong Kong. Un ado nous double sur l’escalier roulant, s’arrête sur la marche supérieure et souffle par dessus l’épaule son illicite slogan. Le blanc badaud en goguette dans la zone économique spéciale a la réputation d’être friand de contrefaçon filmique - le portefeuille alerte, le yuan facile, le renminbi volubile et le marchandage maladroit. Une aubaine convoitée par les grappes de jeunes chinois qui affinent le socialisme de marché, disséminés dans les étages comme autant de prédateurs guettant le pigeon du haut de leur perchoir « mallesque ».

Congédier le premier souteneur de piraterie audiovisuelle n’a pour seule conséquence que d’en faire surgir un autre de sa planque stratégique. Ce n’est qu’une litanie de « Dividiii ? Dividimouviii ? » à envi, écho de la profession de foi qui motive le pèlerinage du Tout-Hong Kong vers la Mecque de la contrefaçon. Au hasard, au feeling et au bout de l’escalator nous acceptons la proposition dans un charabia chinglish plus ou moins bitable d’une petite Shenzhenoise. L’abandon du chinglish à la faveur du chinois fait baisser le prix de 30% et revient à signer une promesse de vente.

22 v’là les flics. Elle nous mène à un couloir reculé derrière des échoppes aveugles, deux tabourets surgissent d’on ne sait où et nous somme de nous y poser. Et soudain les groupuscules de jeunes qu’on prenait pour des squatteurs locaux prennent la fome d’un réseau bien organisé. La rabatteuse cède sa place au tenancier de catalogue qui vient nous voir flanqué du préposé à la prise de commande. On n’a pas le temps de désigner les pochettes photocopiées des DVD qui nous intéressent que tout le monde s’évanouit aussi vite qu’ils nous étaient apparus. La police nous passe sous le nez en trainant sa godasse lasse.

Bredouilles. Déçus. Persuadés que notre tentative de déguster d’illicites délices a avortée. Prêts à voir surgir à tout moment une enfilade de teenagers menottés escortés par les uniformés vers un destin peu enviable. Mais non. Vite la racoleuse demoiselle est de nouveau sur nos talons. « Okay, okay, in twenty minutes ». Quelques mots rassurants qui nous font comprendre que la transaction est en sursis. Pas condamnée. Et tout le temps où nous errons dans le mall, tuant ces foutues minutes, elle ne décolle pas de nos arrières. Distancie les autres alpagueurs en signifiant que nous sommes ses clients. Veille à ce que nous ne prenions pas la poudre d’escampette pour d’autres horizons contrefaits. Est à la fois l’ombre, l’ange gardien et le proxénète qui défend son précarré de trottoir.

Lèche-jacquettes, deuxième. Une heure plus tard nous voilà de nouveau posés sur les tabourets, roses cette fois. Et le ballet commercial s’emballe (et un mars). Arrive le préposé au catalogue. L’épais album, où des photocopies couleur des jacquettes de DVD remplacent les photos familiales, sort d’un sac poubelle noir, balluchon de fortune du gamin. Arrive ensuite, tel un prompt serveur de brasserie, le tenancier du carnet de commande. Et c’est parti pour le lèche-jacquettes. Ce serait d’une simplicité ébahissante si nous nous contentions de désigner du doigt les films qui nous seyent. Mais il fallait que nous corsions l’affaire en demandant des détails sur le contenu des DVD à nos deux VRP improvisés. Combien de galettes pour telle saison des Sopranos ? Combien de CDs dans le coffret Band of brothers ? Avec pour toute réponse : "dividi naïne", DVD-9, le label qualité qui règne en maître sur le marché de la contre-façon du DVD dont la seule prononciation, d’après les colporteurs chinois, devrait suffire à vous faire cracher les deniers convoités.

La maison privée. La liste s’allonge et le sourire du vendeur s’étire. Deux autres chinois rejoignent notre duo de départ et commencent à parlementer entre eux, entrecoupant leur conversations de coups de fils hâtifs sur leurs portables colorés. Finit par tomber l’improbable proposition frisant la sommation : ils veulent nous emmener à « une maison particulière, du côté de la gare ». Un temps d’hésitation, un examen minutieux du minois des minots, une petite montée d’adrénaline et nous acceptons, écrasant une goutte de sueur sur le front du revers de la manche.

Ne pas perdre de vue notre guide. C’est ce qui nous turlupine tandis que nous suivons sa frêle silhouette qui remonte la foule à contre-courant. Il nous mène droit à la gare et le doute nous gagne quelque peu. Il grandit lorsque, une fois dans la gare, nous nous retrouvons dans un cul-de-sac. Face à nous, trois hauts murs habillés de carrelage blanc. Et pas un chat.

A suivre.

Marie-Catherine Beuth & Benoît Hochedez, envoyés spéciaux à Shenzhen.


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